Intéractions familiales, symptômes et thérapie familiale

Dans « interactions familiales » il faut entendre : communications, relations, liens entre les membres de la famille, mais aussi projections inconscientes, transmissions transgénérationnelles. Il faut aussi tenir compte du fait que la famille est un tout différent de la somme de ses parties (théorie des systèmes). Et les éléments du système sont en interactions constantes. Chaque famille a des règles relationnelles grâce auxquelles le système se définit comme une « totalité ».

La famille est appréhendée comme la matrice pour le développement psychique. Chacun y fait l’expérience de ce qui est autorisé ou non dans la relation, et module son comportement en fonction de ce qui lui est donné à penser ou ressentir. Chaque membre à la fois influence et est influencé dans le même temps par les autres, selon le processus constant d’interdépendance mutuelle dans une logique causale circulaire. Ainsi, des relations conflictuelles parents/enfants (attitude de rejet ou manque de soins et d’attention de la part des parents, insatisfaction maternelle) peuvent être source de problèmes psychologiques chez les enfants, dont l’anxiété et la dépression. L’image que nous avons de nous-mêmes, notre façon de penser, d’agir, nos sentiments et nos émotions, résultent pour une large part du contexte dans lequel nous avons grandi et plus précisément des relations que nous avons entretenues avec nos parents et nos frères et sœurs. Par exemple, le regard positif ou négatif, approbateur ou critique, que mes parents ont porté sur moi détermine dans une large mesure mon degré de confiance en moi et l’estime que je me porte. De ce point de vue, le trouble psychologique n’apparaît plus comme une « maladie mentale » dont l’individu serait porteur, mais comme le symptôme de relations perturbées.

Plusieurs caractéristiques des interactions familiales peuvent entraîner des troubles psychologiques : frontières assez floues, relations intra-familiales très intenses, pas de place à l’autonomisation, à la différenciation. Mais aussi, la distribution des pouvoirs, la place et le rôle occupé par chacun ainsi que l’organisation des interactions dans la famille peuvent engendrer des symptômes. Les coalitions ou mécanismes de triangulation peuvent générer des souffrances. Par exemple, si chaque parent demande que l’enfant prenne son parti contre l’autre, l’enfant est paralysé et sa seule expression se trouve être dans le symptôme. En outre, la communication entre les membres joue un rôle capital dans les troubles psychologiques si celle-ci est incongruente ou disfonctionnelle (paradoxes, double contrainte…). Bateson a montré qu’une pathologie et notamment la schizophrénie, peut être engendrée par certaines situations de communication. Dans son livre[1], LAING, raconte le cas d’une jeune femme dont la schizophrénie semble découler de la qualité des rapports entre elle et ses parents.

Ainsi, la famille peut produire un symptôme et « désigner » un membre, comme porteur du symptôme, expression de la souffrance globale de la famille, qui met à jour le dysfonctionnement du groupe familial (souvent, l’enfant ou un des enfants). Ce sont les processus relationnels familiaux qui poussent un membre à porter une pathologie familiale (donc issue  d’une dimension interpersonnelle). Dans ce cas, il n’y aurait pas de troubles psychopathologiques en soi au sens d’une anomalie individuelle mais traduction de modélisations relationnelles complexes dans lesquelles peut être « pris » un membre du groupe, expression de troubles relationnels et résultante d’une souffrance à appréhender sur le plan de la globalité. Le symptôme sert à maintenir l’homéostasie familiale (=son équilibre), a une valeur unificatrice, il revêt une fonction pour la famille. En outre, bien que notre personnalité soit constituée par le triangle, papa-maman-soi, il faut parfois élargir le cercle, et remonter à ses ancêtres, pour découvrir la cascade d’influences venue de son arbre généalogique. Une des causes importantes de la genèse des troubles psychologiques dans la famille peut aussi venir d’une dimension transgénérationnelle. L’établissement d’un génosociogramme permet de voir les transmissions et répétitions transgénérationnelles qui peuvent être à l’origine de ces troubles (syndrome d’anniversaire, loyauté invisible, névrose de classe…).

Les liens entre troubles psychologiques et interactions familiales sont donc évidents; c’est ainsi qu’on été créées les thérapies familiales. Elles considèrent les troubles psychologiques et comportementaux d’un membre comme un symptôme du dysfonctionnement de la famille dans sa globalité. La thérapie familiale met en évidence le fait qu’il n’y a pas de fou dans une famille, mais que c’est la relation qui est folle.

[1] LAING R. D., L’équilibre mental, la folie et la famille, MASPERO, 1977

 

 

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