MON ENFANT FAIT SA CRISE, stress ou colère?

Mon enfant de 6 ans fait une « crise ».

Que se passe t-il dans le cerveau de mon enfant à ce moment là ? Est-il en colère ? Est-ce qu’il me provoque, me cherche ?

Il est capital de bien comprendre que la plupart du temps, lorsque l’enfant « crise », il ne s’agit pas de colère mais de stress.

Nous reprochons souvent à l’enfant de ne pas se comporter en adulte. On attend souvent de lui qu’il comprenne, pense et réagisse comme un adulte. Or, parce que son cerveau est en développement, l’enfant ne voit pas, ne comprend pas les choses tout à fait comme nous, les adultes. Il n’a pas les automatismes que nous avons, nous aussi, mis un certain nombre d’année à adopter. Méconnaitre cela est source de nombre de conflits, de punitions inutiles et d’exaspération parentale.

 

Mon enfant fait sa crise : se montre agressif, évitant ou inhibé.

La première réponse tient en un mot : STRESS. Ces comportements sont des manifestations d’un cerveau sous stress et aucune punition ne réduira le stress.

Il est illusoire d’espérer supprimer un comportement désagréable sans s’attaquer aux causes.

Face à un comportement désagréable ou inadapté, posons-nous la même question que lorsqu’un enfant manifeste des symptômes physiques, de maladie : Que se passe-t-il ?

Lorsque son cerveau est sous stress, mon enfant ne peut plus réfléchir, il a d’abord besoin de calmer ses circuits cérébraux.

Face à un enfant dont le cerveau est sous stress, voici ma trousse de secours (les attitudes à adopter) :

-le contact physique, la tendresse : le prendre dans ses bras, lui faire un câlin

-une voix réconfortante et des manifestations d’attachement

-l’accueil de l’expression émotionnelle

-lui proposer un moment ensemble : un jeu par exemple

-l’exercice physique (se défouler en courant dans le jardin, en montant dans un arbre…)

-la musique

-le rire

La tendresse déclenche la sécrétion de dopamine, sérotonine, et ocytocine (les molécules de la joie, de la sérénité et du bonheur) qui calment l’amygdale et diminuent la sécrétion des hormones de stress.

Quand les enfants reçoivent au quotidien leur content d’attachement, d’intérêt, ils se sentent en sécurité, ils peuvent alors se montrer coopératifs, capables de jouer, d’écouter, d’apprendre, de faire ce qu’on leur demande. En revanche si maman est stressée ou pire fâchée, si elle reste distante, ou simplement ne prend pas le temps de porter une attention réelle (un temps de qualité) à l’enfant, et si papa n’est pas disponible non plus, le réservoir d’amour de l’enfant peut se vider, induisant du stress, auquel l’enfant pourra réagir par de l’agressivité.

Pour remplir le réservoir d’amour de mon enfant et éviter le stress :

-je souris, je ris avec lui

-je joue avec lui

-je réponds à ses demandes

-j’écoute ses émotions

-je lui fournis proximité et contact

Et je lui donne chaque jour 10 à 20 mn de véritable attention, que pour lui.

 

  • L’AMOUR n’est pas une récompense, c’est un CARBURANT

Un PROBLEME ? L’enfant se comporte mal ? Première urgence : Restaurer le contact, le lien et éviter le rapport de force. En proposant un temps partagé, un temps ensemble (un jeu, un câlin, faire un gâteau ensemble, lire un livre etc..) plutôt que d’envoyer l’enfant dans sa chambre, de s’éloigner de lui.

On ne dit pas à sa voiture : « tu me conduis jusqu’à paris sans tomber en panne et si tout se passe bien, je te mets de l’essence ».

 

L’enfant cherche à attirer l’attention :

Quand mon enfant est inquiet, anxieux, ou se sent seul, exclu, ou simplement s’il s’ennuie, ses circuits cérébraux sont en détresse. Son cerveau a besoin d’ocytocine, l’hormone délivrée par le contact ; mon enfant a besoin, là maintenant, de refaire le plein parce que son réservoir, pour une raison X, s’est vidé.

Si le parent répond, d’un sourire, d’un regard tendre, par un câlin, l’enfant se calme, son circuit de stress revient au repos. L’enfant remplit son réservoir et peut continuer ses activités.

Si le parent n’est pas disponible à ce moment-là, s’il ne prête pas attention au besoin de l’enfant, le stress augmente dans son cerveau. L’enfant contient…contient…mais son cerveau stressé déclenche des comportements d’agitation, d’agressivité, voire de violence. L’enfant ne se dit pas « je vais embêter papa et maman ».

Un enfant qui a l’habitude d’être ignoré, rejeté ou frappé, peut ne même pas demander d’attention, mais passer directement à la phase d’agressivité.

Réfléchissons un peu : nous ne dirions pas à notre enfant : « Tu as faim ? Alors tu ne mangeras pas ! Tu te frottes les yeux, tu as sommeil ? Alors tu ne dormiras pas ! » Alors pourquoi réagir négativement quand nous remarquons que son comportement est une demande d’attention ? Pourquoi refuser du contact, de l’attention, un moment ensemble, et attendre que la crise éclate ?

Si je ne suis pas disponible, je peux accueillir la demande, montrer mon intérêt et prendre un rendez-vous (que j’honorerai – comme pour les promesses) : « Tu t’ennuies, on dirait. Je lance une machine et on peut faire quelque chose ensemble, un jeu, du dessin… Ok ? En attendant que je termine, tu veux faire un dessin, un puzzle etc… ?

 

Les enfants détestes les LIMITES, ils ADORENT LES REGLES !

La vie en commun nécessite des règles. Les règles ne sont ni des limites ni des interdits. Elles forment un cadre, des repères. Comme les règles d’un jeu, elles ne visent pas à limiter mais à organiser et permettre.

Regardez comme souvent nos enfants n’ont aucune difficulté à respecter les règles à l’école.

Le parent connait toutes sortes de dangers que l’enfant ne mesure pas ; son rôle est pourtant de protéger son enfant. Cependant une formulation en termes d’interdit sera peu efficace.

Une règle formulée en termes de procédure sera plus efficace : « En cas de conflit, ni gros mot, ni coups, on se parle ou on en parle aux parents ».

 

Il fait comme s’il n’entendait pas ou dit Non :

Lorsque l’on dit à notre enfant ce qu’il doit faire, cela part d’une intention positive. Mais mettons-nous à leur place : ils entendent des ordres et aussi qu’ils n’ont pas de libre arbitre et peut être même qu’ils ne sont pas capables de savoir par eux-mêmes ; et c’est dévalorisant, déresponsabilisant, démotivant.

Observez le nombre d’ordre qu’un enfant entend tout au long d’une journée : « mets ton pyjama, va te laver les dents, va te doucher, va te coucher, éteins la lumière, range ta chambre, dépêche-toi, mange ! etc.. ».

En dehors de situation extrême, les ordres sont contre-productifs et peuvent être remplacés par des questions : qu’est-ce qu’on fait après la douche ? Qu’est ce qui est important avant d’aller se coucher ?

Il est important pour les parents de comprendre qu’il est normal de répéter. Car si nous nous savons, l’enfant a besoin de temps pour intégrer un comportement et que cela devienne un automatisme comme pour nous, adultes.

Il faudra surement plus d’un rappel pour que notre enfant range son blouson en arrivant au lieu de le déposer n’importe où, mais pour gagner en efficacité comme en sérénité, adoptons plutôt la technique « un seul mot ». Un mot qui va diriger son attention vers l’objet. Sans ordre ni contrainte, avec un ton neutre (pas un ton de reproche ni d’exaspération qui amènerait de la rébellion). « Lumière », « blouson ». Et l’enfant comprend (car il sait mais a oublié) qu’il doit ranger son blouson ou éteindre la lumière.

Souvenons nous qu’entre 6 et 10 ans, les enfants aiment les règles et faire bien. Mais ils sont aussi souvent dans l’instant présent donc s’ils ne respectent pas les règles, ce n’est pas forcément de la mauvaise volonté.

 

QUE SE PASSE-T-IL EN NOUS ?

Nos enfants ne font pas intentionnellement toutes ces choses dans l’objectif de nous énerver. Mais nous avons tout de même tendance à prendre leurs comportements comme s’ils étaient dirigés contre nous et nous y réagissons parfois un peu exagérément. Lorsqu’ils ne se conforment pas immédiatement à ce que nous leur demandons, il nous arrive de sortir de nos gonds et de nous mettre à crier, punir, dire des choses que nous ne pensons pas.

Il est paradoxal de crier sur un enfant pour lui demander de se calmer… Outre que le modèle que nous lui offrons est contraire à ce que nous lui demandons, charger le corps de l’enfant d’adrénaline et de glucocorticoïdes (l’enfant a peur, est figé..) n’est pas la voie la plus efficace pour l’aider à s’apaiser !

Nos enfants nous regardent et nous imitent ; ils nous voient comme des modèles. L’imitation jouant un grand rôle dans l’éducation, le bénéfice de la maitrise de soi est immense. Crier enseigne à l’enfant à crier, taper lui enseigne à taper, perdre ses moyens et dire n’importe quoi lui enseigne..

 

Il est capital de garder en tête que les comportements de nos enfants ne sont jamais dirigés contre nous (ils ne « nous cherchent pas ») mais vers nous comme des appels. Parce que nous sommes leurs parents, ceux à qui ils font confiance pour les soutenir et les guider  dans la vie ; ceux qu’ils imitent. Nos enfant ont envie de bien faire.

Leurs comportements, pour désagréables ou agressifs qu’ils soient, sont des réactions. Ils ont des causes et veulent dire quelque chose. L’enfant ne réagit ainsi ni par hasard ni par intention de nuire. Alors poser la question à voix haute : « que se passe-t-il ? » sera notre sésame pour contrer nos propres automatismes.

Donner du temps à son enfant, du temps de qualité (sans regarder son téléphone ni être dans ses pensées) en étant pleinement avec lui est une des choses les plus importantes et prioritaires.

  • Pour qu’il se sente valorisé : lui donner du temps et suivre ses consignes, jouer à ses jeux, le valorise bien plus que des félicitations. Le simple fait de prendre du temps avec lui et d’y prendre plaisir lui donne le sentiment d’avoir de l’importance, de la valeur ! Quel cadeau pour grandir avec une saine estime de soi !
  • Si nous ne prenons pas de temps pour lui, comment lui demander d’en prendre pour faire ce qu’on lui demande?
  • Si nous ne faisons pas l’effort de jouer aux voitures, aux légos etc…, comment lui donner envie de faire des efforts pour faire quelque chose d’important pour nous ?

 

 

L’enfant a des besoins ; s’ils ne sont pas satisfait => crise ou plutôt stress

Le cerveau des enfants se met sous stress lorsqu’un de ses besoins n’est pas satisfait.

besoins physiques et physiologiques (sommeil, bouger/courir/mobiliser ses muscles)

besoins émotionnels : besoin d’être écoutés dans leurs émotions et non pas que nous minimisions leurs émotions.

besoins d’attachement (un nourrisson est capable de se laisser mourir de faim pour obtenir l’attachement ; l’amour est un carburant, pas une récompense).

besoins d’autonomie (pouvoir contrôler, besoin de liberté, de libre arbitre = besoin de choisir. Quand je donne un ordre, l’enfant n’a pas de libre arbitre => cerveau sous stress. Notre enfant est un humain et donc désir utiliser ce libre arbitre ; je souhaite que mon enfant plus tard sache utiliser le libre arbitre, donc ce n’est ni cohérent ni efficace de le priver de choisir quand il est enfant. Au contraire, je peux lui enseigner le libre arbitre. Au lieu de donner un ordre, je le fais réfléchir et je lui propose un choix (entre basket bleu ou rouge). Les enfants aiment réfléchir et aiment les règles et les routines.

Un ordre stress le cerveau, l’enfant se sent dans un sentiment d’impuissance ; or comme il est dangereux d’être soumis, l’amygdale fait réagir l’enfant (mécanisme physiologique donc) quand nous lui donnons un ordre.

Respecter les besoins de contrôle et de liberté de nos enfants nous assurera beaucoup de calme à la maison.

besoins intellectuels (besoin d’apprendre, besoin de nourriture intellectuelle ; s’il s’ennuie, l’ennui va déclencher réaction de stress dans l’organisme. Dans des situations de contrainte (voiture, supermarché, train…), je donne à mon enfant des petites « tâches » à faire pour stimuler son cerveau : compter toutes les voitures rouges que l’on croise lorsque l’on est en voiture ; au supermarché, lui donner également un petit travail, aller chercher quelque chose, trouver un rayon etc…

 

D’une manière générale : mon enfant est en crise (sous stress) => je cherche le besoin qui pourrait se cacher derrière ce comportement débordant.

J’écoute ce comportement comme étant le reflet du stress , je cherche à comprendre ce que veut dire son comportement; j’écoute son besoin et je l’aide à le satisfaire. Au lieu de sévir, punir, exiger de l’enfant qu’il modifie immédiatement son comportement.

 

 

 

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