Dépression et Deuil

Bien que douloureuse et prolongée, l’expérience du deuil s’inscrit habituellement dans un processus psychologique normal. On distingue 3 étapes principales dans le processus du deuil (choc, dépression, adaptation), avec pour étape centrale, la dépression. Dans ce cas, il s’agit d’un état dépressif normal, nécessaire. En revanche, Il est toutefois des deuils pathologiques ou compliqués qui peuvent déboucher sur des dépressions pathologiques.

L ‘état dépressif réactionnel qui s’installe alors traduit la phase la plus importante du deuil. On retrouve les signes physiques habituels de la dépression avec une perte du plaisir et de l’intérêt de manger, une fatigue intense avec un délaissement des occupations antérieures (relations interpersonnelles désinvesties) et des insomnies. Des troubles intellectuels et affectifs (tristesse, culpabilité, colère, sentiment de vide) se manifestent également avec une perte de l’attention et de la concentration, avec une humeur triste, une sensibilité accrue à tout détail et souvenir évocateurs du disparu, des crises de larmes.

Au cours de cette période, des perceptions sensorielles d’allure hallucinatoires (impression d’entendre la voix ou le pas du défunt, de sentir son contact, de l’entrapercevoir, etc.) peuvent survenir. L’endeuillé est toutefois conscient de leur absence de support réel. La fin du deuil et de la phase dépressive est marquée par la phase d’acceptation, avec rétablissement des intérêts habituels, parfois un désir de s’engager dans de nouvelles relations, dans de nouveaux projets et un retour à un mieux être psychique et somatique. C’est une période de détachement et de reconstruction. La guérison s’annonce, l’endeuillé réinvestit son énergie dans de nouveaux projets et reformule un sens à sa vie.

Ceci et la durée de la phase dépressive, en générale inférieure à 1 an, montre que l’état dépressif lié au deuil n’était pas une dépression pathologique. En outre, d’après le DSM IV (l’équivalent du VIDAL des médecins généralistes), les symptômes suivants seraient plus en faveur d’un épisode dépressif que d’un deuil « normal » : culpabilité à propos de choses autres que les actes entrepris ou non entrepris par le survivant à l’époque du décès ; idées de mort chez le survivant ne correspondant pas au souhait d’être mort avec la personne décédée ; sentiment morbide de dévalorisation ; ralentissement psychomoteur marqué ; altération profonde et prolongée du fonctionnement ; hallucinations autres que celles d’entendre la voix ou de voir transitoirement l’image du défunt.

 

La dépression est à la fois un symptôme et un syndrome. Elle peut se rencontrer dans toutes les affections, en épisode inaugural ou au cours du développement. Elle peut aussi être une maladie psychiatrique à part entière. Les dépressions représentent une grande partie de la psychiatrie. Elle s’insère à la fois dans le champ de la psychose, de la névrose et des états-limites.

Dans tous les cas, la dépression est un processus psychique lié à une perte, réelle ou symbolique.

 

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